Action en justice de L'Étang Nouveau
Mise à jour du 12 mars 2026
La presse en parle
Article du 5 février 2026
La responsabilité d'EDF et de l'État dans la dégradation de l'Étang de Berre a été examinée par le Tribunal Administratif de Marseille le 5 février 2026
Depuis 1966, date de l'entrée en fonction de la centrale hydroélectrique EDF de Saint-Chamas, l'écosystème de l'Étang de Berre n'a eu de cesse de se dégrader par des apports massifs d'eau douce chargée en limons dans une lagune salée.
L'année 2018 a marqué le paroxysme de cette atteinte écologique de l'exploitation par EDF de cette centrale : en quelques jours à peine, 93% de la faune et de la flore de l'Étang vont être détruits par un phénomène appelé « anoxie », issu d'une disparition de l'oxygène dans l'eau des suites d'un mauvais mélange entre eau salée et eau douce.
Malgré plusieurs condamnations et une mesure de médiation pénale, la communauté de l'étang et les scientifiques sont unanimes sur le rôle délétère de la centrale et de son exploitation dans la préservation des capacités écologiques de l'Étang.
Face à cette catastrophe passée, présente et toujours actuelle, l'association L'Étang Nouveau a adressé au préfet des Bouches-du-Rhône et à la société EDF une demande de réparation du préjudice écologique accompagnée de l'arrêt immédiat de tout rejet d'eau douce limoneuse pour éviter l'aggravation inéluctable de ce désastre. En l'absence de réponse de leur part, nous avons saisi le tribunal administratif de Marseille.
Établir les responsabilités des différents acteurs.
L'audience du 5 février 2026 à 14h aura permis de faire la lumière sur la responsabilité de la société EDF et sur celle de l'État, en tant qu'autorité de police et de contrôle, dans la survenance de cette crise. C'est, en tout cas, ce que nous espérons.
D'une part, notre association reproche à la société EDF d'avoir déversé dans l'Étang de Berre des quantités exceptionnelles d'eau douce chargée en limons ayant causé une multiplication de la fréquence de l'intensité des crises d'anoxie touchant l'étang.
D'autre part, la responsabilité de l'État est recherchée du fait de ses carences dans la régulation et le contrôle de l'exploitation de la centrale de Saint-Chamas. À ce titre, l'association L'Étang Nouveau reproche à l'État de ne pas avoir pris les mesures propres à limiter, voire interdire, le rejet d'eau douce dans l'étang et ce, alors même qu'il avait connaissance des signes précurseurs de l'anoxie et des conditions météorologiques propres à favoriser le développement de cette crise.
Réparer le préjudice écologique.
Une autre question devra être tranchée par le tribunal administratif : comment réparer le préjudice écologique causé et s'assurer qu'un tel événement ne se reproduise plus ?
Nous réclamons que plusieurs mesures soient imposées à l'État et au concessionnaire, à commencer par la cessation de tout rejet d'eau douce limoneuse et la remise en état de l'écosystème de l'Étang de Berre.
« Seules des mesures de réparation en nature, à l'instar de ce qui a été jugé dans le dossier des Calanques, serait à même de garantir une réelle amélioration des conditions écosystémiques de l'étang ».
Les observateurs présents à cette audience ont noté la grande qualité de la plaidoirie de Maître Tizot (TTLA & Associés Avocats). Et, hélas, que le rapporteur public n'avait pas « plaidé » en notre faveur mais s'était plutôt attaché à dédouaner les responsables : l'État et EDF.
Nous attendons cependant que le délibéré, prévu début mars, reconnaîsse l'impérieuse nécessité de préserver la ressource en eau et de rétablir le bon état écologique de l'Étang de Berre.


