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- Écrit par : Christian Herrscher
Une opération de « résilience » ou un simulacre écologique et politique ?
Depuis plus de dix ans, la SMADESEP (Syndicat Mixte d'Aménagement et de Développement de Serre-Ponçon) et EDF nous servent la même rengaine : leur « opération de sécurisation » du plateau de Chadenas, visant à abaisser les hauts fonds pour sécuriser la navigation et soutenir le tourisme local, est une nécessité absolue face aux « effets du changement climatique » et aux crues successives de la Durance. La récente augmentation des dépôts alluvionnaires (+1,5 à 2 mètres depuis décembre 2023) aurait ainsi justifié une nouvelle étape de ces travaux, censés préserver la pratique de la voile sportive et l’économie locale.
Une opération couteuse qui profite au BTP

Mais derrière ce discours de « résilience » et de « développement durable » se cache une opération à la fois coûteuse, énergivore, et fondamentalement contradictoire avec les discours environnementaux qu’on nous sert à longueur de temps. En effet, il faut bien se rendre à l’évidence : ces travaux de déblaiement mobilisent des engins de chantier consommant chacun plusieurs dizaines de litres de carburant par heure. En d’autres termes, on dépense une quantité astronomique d’énergie - donc de carbone - pour nettoyer un lac dont la vocation principale se veut décarbonée, et dont la valorisation repose en grande partie sur la pratique de la voile sportive.
Ce qui est particulièrement grotesque, c’est cette prétendue « nécessité écologique » avancée pour justifier une opération qui, en réalité, participe à la destruction d’un écosystème fragile, et à l’épuisement d’une ressource précieuse qu’est l’eau. La manipulation de ces arguments de « résilience » et de « solidarité économique » n’est qu’un habillage idéologique pour masquer la réalité : un projet coûteux, polluant, et motivé par la recherche de profits à court terme, au détriment de l’intérêt général.
Une mise en scène, loin des intérêts du bien commun
De plus, cette mise en scène s’inscrit dans un contexte où la priorité affichée est la lutte contre le changement climatique, mais où les actions concrètes indiquent tout le contraire : augmentation de la consommation d’énergie, dégradation des milieux aquatiques, et marginalisation des véritables solutions basées sur la nature et la sobriété.
Il faut aussi dénoncer cette hypocrisie politique : faire croire que ces travaux sont « nécessaires » pour le bien commun, alors qu’ils ne sont qu’un moyen de maintenir artificiellement une activité économique en déclin, et d’afficher une façade de gestion « responsable » pour calmer les critiques. Tout cela, sous le prétexte noble de protéger la voile sportive et de soutenir l’économie locale, alors que l’on sacrifie la préservation des écosystèmes et la sobriété énergétique sur l’autel du clientélisme et de la communication politique.
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- Écrit par : L'Étang Nouveau
Pour nos anciens, la Durance faisait partie, avec le Mistral et le Parlement d'Aix, des « trois fléaux de la France ». Il est vrai que la rivière en crue arrachait des pans entiers de terres agricolesLire et relire Jean Giono - Hortense ou l'eau vive qui allaient constituer les plages de l'actuelle Occitanie. En contrepartie, elle déposait par ailleurs les riches limons qui ont fait de la basse Durance « le Jardin de la Provence ». Mais de cela, jamais personne ne s'est plaint !
L'arrivée d'EDF
La captation de 95% de l’eau de la Durance par la chaine hydroélectrique EDF a apporté à la Provence ses avantages énergétiques et a accru la sécurité d'approvisionnement en eau pour l'irrigation, l'industrie et la consommation domestique, mais elle insidieusement laissé s'installer le mythe de « la rivière domptée ». Avec la complicité des pouvoirs publics et des décideurs privés ! Plus d'eau en Durance, plus de danger ! On peut aménager !
Les Aménageurs du Val de Durance
Et on ne s'en prive pas, d'aménager, dans tout l'espace du lit majeur de la rivière , dans ces terres volées à l'agriculture où chaque nouvelle construction encourt le risque d'être emportée, avec ses occupants, par une prochaine crue. Inéluctable. Dans ces terres où la rivière avait libre court et où elle pouvait épandre ses crues, sans danger pour les populations et pour leur plus grand bienfait, puisqu'elle y déposait ses limons fertiles. Chaque nouvelle construction, chaque nouvelle route, chaque nouveau parking imperméabilise les sols et aggravera immanquablement les prochaines crues.
Les crues exceptionnelles
Si le discours officiel s'ingénie à masquer le risque lié aux crues de la Durance, c'est précisément parce qu'il existe. Et personne ne peut l'ignorer !
En effet, la « Société Grenobloise d'Études et d'Aménagements Hydrauliques, SOGREAH note que, privée d'eau, la Durance est plus dangereuse que jamais ; page 3 de son rapport de juin 2001 : les crues exceptionnelles restent proches de leur état naturel. L'absence de crues ordinaires les rend d'autant plus dangereuses ».
Avertissement confirmé en 2002 par le Rapport sur la Durance, rapport Balland-Huet , qui note en page 9 : « l'aménagement devient transparent pour les grandes crues, ce qui signifie que ce lit, le plus souvent déserté par l'eau, est susceptible cependant de connaître de profonds bouleversements auxquels est associé un risque important vis-à-vis de la sécurité publique. »
Depuis 2001, beaucoup de constructions, beaucoup de bétonnages ont accentué cette dangerosité.
Changement climatique
Depuis des années, également, intervient un changement climatique que plus personne n’ose nier. On le constate, la brutalité du climat se traduit par des sécheresses inédites et des précipitations amplifiées et concentrées. La sécheresse durcit et imperméabilise les sols qui n’absorbent plus le ruissellement qui viendra brutalement gonfler la rivière.
Déforestation
Les centrales électriques biomasse projettent la déforestation massive de tout le bassin versant. Les forêts qui servaient de tampon entre la pluie d’orage et la rivière disparaissent.
La rupture de barrage
Depuis la catastrophe de Malpasset, consécutive à une crue, la région PACA a été épargnée par ce type de drame. En conclure que le risque serait aujourd’hui inexistant serait une grave erreur. La DREAL, service de l’état, publie des cartes de prévision des zones atteintes par « l’onde de submersion consécutive à la rupture de l’un des barrages de la région PACA ». Édifiant ! Même, et surtout, pour le barrage de Serre-Ponçon. Des habitants riverains de la Durance entre Sisteron et Saint Auban ont été informés de cette éventualité, un site refuge leur a été donné et un délai pour s'y rendre : 7 minutes !
Depuis avant même sa réalisation, l’idée a été répandue cet ouvrage étant un « barrage-poids » ne faisant donc appel à aucune caractéristique mécanique autre, précisément, que sa masse, sa rupture sous la pression de l’eau retenue était impossible. Il n’en est rien :
Effet savonnette
C’est bien une action mécanique qui maintient le barrage en place, l’adhérence entre le corps de l’ouvrage et le sol. L’hypothèse de l’introduction d’un film d’eau entre ces deux éléments doit être retenue. Elle peut intervenir pendant un séisme, même de faible amplitude ou, plus insidieusement, tout simplement avec le temps. Ce film liquide est capable de modifier la valeur de l’adhérence en deçà de sa valeur critique et de précipiter le glissement de la totalité de l’ouvrage. L’effet « savonnette.
Débordement
Le débordement du barrage est totalement proscrit. Il entrainerait le ravinement de la terre constitutive de l’ouvrage et son érosion rapide, jusqu’à sa rupture. Toutes les précautions ont été prises dans ce sens à la construction… il y a 70 ans ! Depuis, les conditions météorologiques ont changé. Un phénomène exceptionnel en haute Durance et Ubaye alors que le lac de retenue est à son niveau maximum risque bien de saturer le dispositif de sauvegarde calculé avec les données de 1950 !
Le risque nucléaire
Le centre de recherche ITER, à Cadarache, outre qu’il est situé en zone sismique, se trouve sur la trajectoire de l’onde de submersion en provenance de Serre-Ponçon, additionné de celles de toutes les retenues intermédiaires, et qui sèmera la mort nucléaire sur 150 km, jusqu’à Avignon, Arles, jusqu’en Camargue, en Crau et en Méditerranée. Toutes les conditions sont réunies pour LA catastrophe qui rayera le sud-est de la France de la carte des zones habitables. « L’accident » de Fukushima était impossible…
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- Écrit par : L'Étang Nouveau
Rive droite de la Durance, commune de Cheval Blanc
Suivant ses promoteurs, ce projet a pour but de protéger des équipements existants, ou futurs, implantés ou devant l'être, en zone inondable.
L'analyse de la situation, montre que, comme toutes les digues, la digue de Cheval Blanc aurait des effets contraires à cet objectif
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- Écrit par : L'Étang Nouveau
Principe de fonctionnement d'une STEP
L'eau est remontée inversement aux heures creuses en utilisant l'électricité renouvelable surabondante.
La chaîne fonctionne donc à volume constant et l'eau qui tombe sur le bassin versant de la Durance, retrouve son cours naturel.
Les équilibres et potentiels détruits par le détournement de l'eau sont rétablis.
La chaîne est alors un atout majeur pour la transition énergétique : elle libère totalement le potentiel des énergies renouvelables en leur ouvrant un débouché permanent à leur production.
Vous trouverez quantité de videos sur internet qui expliquent le fonctionnement, par exemple chez EDF



