Le projet de digue Voguette

Cavaillon Cheval-Blanc

Après le départ d'Immochan de la ZA Voguette :
Quel projet de développement pour répondre
aux besoins de la CCLMV et de ses habitants ?

Immochan vient d'officialiser l'abandon de son projet d'hyper sur la Voguette. 

Le désengagement d'Auchan remet en cause le projet de ZA Voguette.

Cet épisode illustre les risques de perte de la liberté d'action d'une collectivité lorsqu'elle est inféodée à un groupe dont la puissance dépasse la sienne.

Ce contretemps doit être mis à profit pour bien mesurer les enjeux des deux possibilités qui restent ouvertes sur cette zone de terres agricoles en friches, de façon à faire un choix conforme à l'intérêt général, présent et à venir, un choix laissant la maîtrise de son développement à la Communauté de Communes Luberon Monts de Vaucluse, la CCLMV.

La CCLMV, réaffirme sa volonté d'aller au bout de son projet de Zone d’Activité. Son Président a décidé d'acheter les 39 ha de la Voguette libérés par Immochan, en attendant d'acquérir 20ha du quartier du Camp et 50 ha du Gros des Vignes, une centaine d'hectares.

Le Collectif Associatif Voguette propose un autre projet. Projet basé sur un héritage multiséculaire, sur les potentiels agricoles et humains locaux, sur des pratiques agroécologiques nouvelles et sur des conditions sociales de notre époque.

1. Abandon du projet de Zone d'Activité sur Voguette ou sur toute autre terre agricole voisine en friche. Utilisation des nombreux bâtiments abandonnés sur le MIN, pour y installer les entreprises locales qui souhaiteraient s'agrandir, et pour répondre aux besoins de la production agricole relancée comme suit.

2. Achat des terres en friche par la CCLMV - comme le propose son Président - pour les remettre en culture sur des bases écologique et sociale nouvelles, création d'un Village Agroécologique.

3. Amélioration de la sécurité des biens et des personnes en bord de Durance.

Le choix entre ces deux types de projet engage l'avenir de la Communauté et au-delà, via la Durance. Il doit revenir aux habitants concernés, après un large débat public que notre Collectif s'efforcera de développer avec ses moyens et auquel la CCLMV ne manquera pas d'apporter la contribution qu'elle doit à ses mandants et à tous ceux qui sont concernés par ses projets.


Fuite en avant béton ou renaissance agroécologique ?

La « Digue des Iscles du Milan ». Longueur 2800m : rectangle hachuré, destinée à protéger le talus de la voie ferrée Cavaillon-Pertuis et les habitations des zones inondables.
Zone d'Activité Voguette, et autres ZA : 100 hectares. Entrepôts. Zones colorées en violet.

Ce schéma ne fait nulle part mention d'une zone à vocation agricole ! ÉNORME !

Document extrait du rapport du Commissaire enquêteur sur le projet de Digue, page 8

1. Abandon du projet de Zone d'Activité sur Voguette ou sur toute autre terre agricole voisine en friche.

Il suffit pour comprendre la nécessité de cet abandon, de faire le bilan prévisible de sa réalisation, au vu de ce qui est advenu des promesses mirobolantes du MIN.

Mort de l'agriculture locale.

La destruction de terres irrigables d'une richesse exceptionnelle, terres alluviales créées par la Durance au fil des millénaires et aménagées par des générations de paysans au prix d'une grande maîtrise de l'eau et d'un dur labeur ; destruction d'un patrimoine vital, au mépris de la nature, et des anciens. Les monuments funéraires in memoriam des melons, fruits légumes et autres tomates, érigés à Cavaillon, symbolisent le sort que les bétonneurs réservent à l'agriculture : l'abandon de la vocation agricole du Comtat, la mort.

Insécurité alimentaire.

La mise en friche de ces terres est le résultat d'une politique d'ouverture totale du marché français aux produits espagnols, sans garantie de qualité, menace sur notre sécurité alimentaire.

Destruction massive d'emplois.

Concurrence espagnole insupportable basée sur la surexploitation éhontée d'une main d'œuvre marocaine, qui a provoqué la perte de centaines d'emplois locaux. Les emplois créés par ce projet ne seraient en aucun cas aussi nombreux et nécessaires que les emplois agricoles à rétablir ici.

Menaces sur notre principale ressource en eau.

La fin de l'irrigation des terres entame déjà les ressources souterraines en eau ; aggravation du déficit avec le bétonnage qui imperméabiliserait les sols, provoquerait le ruissellement des eaux de
pluie, le « lessivage » des surfaces chargés en polluants qui rejoindraient la Durance. Tout ça sur le site de captage d'eau pour les 21 communes de la CCLMV, site de captage déjà pollué par le plomb du stand de tir contigu ! (Point jaune).

Insécurité et gaspillage d'argent public.

Déjà le projet Voguette a provoqué la construction de la digue de Cheval Blanc, ouvrage destructeur de terres agricoles, aggravant la dangerosité de la Durance y compris à l'aval, aggravant le déficit d'apports d'eau aux nappes phréatiques, gaspillage de 15 millions d'euros d'argent public ouvrant sur des dépenses annuelles d'entretien, désormais à la charge de la CCLMV, c'est à dire à la charge des contribuables locaux. (*)
(*) Le recours en annulation du projet de digue, porté par la Confédération Paysanne 84 et « L'Étang Nouveau », déposé en mai 2015, n'est toujours pas venu devant le Tribunal Administratif. Est-ce ainsi que la justice invalide les recours ?

Le renoncement au projet Digue – ZA Voguette, n'interdit pas de répondre à la demande des entreprises locales qui souhaitent s'agrandir. En effet, on peut y répondre, sans nouvelle destruction de terres agricoles, simplement en utilisant les nombreux espaces abandonnés du MIN.
Et le projet de Village Agroécologique comporte un volet équipements immobiliers qui trouve logiquement sa place sur cet espace MIN désaffecté, contigu des terres à exploiter : stockage, conditionnement, transformation, distribution de la production, habitations des exploitants.

2. Le Village Agroécologique serait :

Renaissance agricole de la région Cavaillon Cheval Blanc.

Les terres agricoles en friche achetées par la CCLMV, 39 ha sur le site Voguette, 20 au quartier du Camp, 50 au Gros des Vignes ; une centaine d'hectares sont mise en valeur – sur des bases écologiques – par des jeunes volontaires pour se former à l'agriculture, mais ne peuvent pas le faire en raison du prix exorbitant du foncier. Ils sont nombreux.

Réponse à des besoins sociaux majeurs.

La plus grande partie des terres étant réservées à la reprise d'une agriculture écologique vivrière, c'est à la fois une réponse au problème du chômage et à celui de la sécurité alimentaire.
De plus, une dizaine d'hectares seraient réservés pour des jardins familiaux et un parc public, inexistants à Cavaillon et Cheval Blanc, alors que le besoin en est fort, tant pour l'apport alimentaire que les utilisateurs des jardins en tireraient, que pour les loisirs et la convivialité dans les villes.

Sauvegarde de l'avenir.

La reprise des irrigations maintient notre ressource en eau souterraine. Ressource majeure. Les productions agroécologiques du Village, sont destinées aux cantines scolaires et autres restaurants de collectivités, pour le plus grand bien de nos enfants. L'eau et les enfants : la vie !

NB. Plusieurs villes ont commencé ce type développement durable écologique : Mouans-Sartoux, Barjac, Rennes…

3. Amélioration de la sécurité des biens et des personnes en cas de crue, rupture d'ouvrage ou lâcher en Durance, sur toute la longueur de son cours

  • Renforcement, si nécessaire, du talus de la voie ferrée Cavaillon-Pertuis et de la LGV.
  • Aménagements des habitations exposées en cas d'inondation, pour que les habitants puissent se mettre en sécurité en cas de crue ;
  • Délocalisation, si nécessaire, de ces habitations, comme cela se fait à Nîmes, Pertuis, La Londe les Maures (Var), La Faute sur Mer (Vendée). Les « Fonds Barnier » permettent le financement public de ces opérations de délocalisation.
  • Alerte, sonore, visuelle, téléphonique et autre, en cas de crue ou de « lâcher », sur toute la longueur du cours de la rivière. (*)
  • Plan d'évacuation des sites exposés en cas de crue majeure.

(*) Au-delà des habitants des zones inondables, cette mesure est également revendiquée par le Collectif « L'eau Vive pour une Durance plus sûre et plus vivante », qui regroupe 21 associations et sociétés des usagers de la Durance, chasseurs, pêcheurs, baigneurs, promeneurs.

L'endiguement de la Durance, le bétonnage de son lit par la CCLMV, sont à l'opposé des directives de l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse. Nos propositions s'inscrivent dans la démarche de l'Agence, exposée dans les documents suivants :

Redonnons libre-cours à nos rivières !

Une nouvelle gestion des rivières arrive à l’heure de la Gemapi
 

Collectif Associatif Voguette • janvier 2017

Confédération Paysanne 84
MIN 51

5 avenue Pierre Grand MIN
84953 CAVAILLON