L'Étang Nouveau sur Radio Zinzine

le 17 avril 2026

Une opération de « résilience » ou un simulacre écologique et politique ?

Depuis plus de dix ans, la SMADESEP (Syndicat Mixte d'Aménagement et de Développement de Serre-Ponçon) et EDF nous servent la même rengaine : leur « opération de sécurisation » du plateau de Chadenas, visant à abaisser les hauts fonds pour sécuriser la navigation et soutenir le tourisme local, est une nécessité absolue face aux « effets du changement climatique » et aux crues successives de la Durance. La récente augmentation des dépôts alluvionnaires (+1,5 à 2 mètres depuis décembre 2023) aurait ainsi justifié une nouvelle étape de ces travaux, censés préserver la pratique de la voile sportive et l’économie locale.

Une opération couteuse qui profite au BTP

Les engins en œuvre pour préserver les activités décarbonnées !!!
Les engins en œuvre pour préserver les activités décarbonnées !!! (Photo SMADESEP)

Mais derrière ce discours de « résilience » et de « développement durable » se cache une opération à la fois coûteuse, énergivore, et fondamentalement contradictoire avec les discours environnementaux qu’on nous sert à longueur de temps. En effet, il faut bien se rendre à l’évidence : ces travaux de déblaiement mobilisent des engins de chantier consommant chacun plusieurs dizaines de litres de carburant par heure. En d’autres termes, on dépense une quantité astronomique d’énergie - donc de carbone - pour nettoyer un lac dont la vocation principale se veut décarbonée, et dont la valorisation repose en grande partie sur la pratique de la voile sportive.
Ce qui est particulièrement grotesque, c’est cette prétendue « nécessité écologique » avancée pour justifier une opération qui, en réalité, participe à la destruction d’un écosystème fragile, et à l’épuisement d’une ressource précieuse qu’est l’eau. La manipulation de ces arguments de « résilience » et de « solidarité économique » n’est qu’un habillage idéologique pour masquer la réalité : un projet coûteux, polluant, et motivé par la recherche de profits à court terme, au détriment de l’intérêt général.

 Une mise en scène, loin des intérêts du bien commun

De plus, cette mise en scène s’inscrit dans un contexte où la priorité affichée est la lutte contre le changement climatique, mais où les actions concrètes indiquent tout le contraire : augmentation de la consommation d’énergie, dégradation des milieux aquatiques, et marginalisation des véritables solutions basées sur la nature et la sobriété.
Il faut aussi dénoncer cette hypocrisie politique : faire croire que ces travaux sont « nécessaires » pour le bien commun, alors qu’ils ne sont qu’un moyen de maintenir artificiellement une activité économique en déclin, et d’afficher une façade de gestion « responsable » pour calmer les critiques. Tout cela, sous le prétexte noble de protéger la voile sportive et de soutenir l’économie locale, alors que l’on sacrifie la préservation des écosystèmes et la sobriété énergétique sur l’autel du clientélisme et de la communication politique.

En somme, cette opération n’est qu’un épisode supplémentaire dans une série d’illusions vertes, où l’écologie n’est qu’un décor sur un théâtre de gestion de crise. La véritable urgence serait une réforme en profondeur des politiques environnementales, pas des travaux coûteux qui, en réalité, aggravent la crise climatique et détruisent le peu de ressources naturelles qu’il nous reste.